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Kidal : qui négocie ?
Ahmadou Traoré - 2006-06-08 08:00:00 |
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Négociations ou pas ? La question laisse actuellement court à diverses spéculations au sujet de l'insurrection armée de Kidal. Pour l'instant, une certitude : les autorités maliennes n'ont donné leur aval à aucun médiateur. Seulement des contacts informels en cours à Kidal. Qui sont les négociateurs ? Réponse.
En recevant, le collectif des ressortissants du Nord à Koulouba, il y a quelques jours, le chef de l'Etat Amadou Toumani Touré, à propos de la situation à Kidal, avait indiqué sa disponibilité à recevoir toutes propositions et démarches visant à ramener le calme dans cette localité. Toutefois, le chef de l'Etat avait clairement affirmé qu'il n'était pas question de se prêter au jeu des insurgés qui au lendemain même de leur action avaient demandé l'ouverture de "négociations sous l'égide d'un pays étranger".
Pour les autorités, cette exigence n'était nullement acceptable. Et ATT avait dit aux ressortissants du Nord qu'il ne mandatait personne pour rencontrer les insurgés en son nom. Cependant, à la sortie de cette rencontre, des groupes de médiateurs se sont constitués pour tenter d'établir le pont entre les autorités et le groupe conduit par Iyad Ag Ghaly. Dans ce cadre, l'ancien ministre Mohamed Ag Erlaf avait pris contact avec les insurgés retranchés dans les montagnes de Teghargat. Pour l'instant, cette démarche n'a apparemment pas abouti. Cependant, l'ancien ministre ne désespère pas d'obtenir des résultats dans les prochains jours, nous a indiqué un de ses proches.
Parallèlement, d'autres initiatives sont en cours. Il s'agit notamment de celle entreprise par certains élus et notabilités du Nord. Hier, des informations faisaient état d'une mission de bons offices de ces élus. En effet, une délégation devrait quitter la ville de Kidal hier en direction des montagnes. Elle est composée d'élus de Gao, Tombouctou et de Kidal. Dans cette mission, l'on signale la présence de Baba Ould Cheick (Tombouctou), Ali Badi Maiga (homme d'affaires à Gao) et Abouzeidy Ousmane Maiga (député élu de Gao).
Par ailleurs, depuis quelques jours, le vieux Intalah, chef de la tribu des Ifogas et notabilité de Kidal, a envoyé dans les montagnes ses propres émissaires. Ceux-ci étaient chargés de faire ramener les insurgés à la raison et d'obtenir leur retour à Kidal. Et c'est cette mission conduite par un des fils du notable, en l'occurrence Alghabass Ag Intallah, député à l'Assemblée nationale qui a obtenu le retour à Kidal de quatre véhicules de l'administration enlevés par les insurgés lors de l'attaque du 23 Mai. Le gouvernorat de Kidal a confirmé hier l'arrivée de ces véhicules.
Mais pour autant, "toutes ces démarches n'ont aucun caractère officiel. Ce sont des contacts informels. Vous savez, lorsqu'une case brûle tous les membres de la famille courent pour l'éteindre", nous a affirmé un haut responsable du Gouvernorat de Kidal que nous avons joint hier au téléphone.
C'est dire que les autorités maliennes n'ont sollicité pour l'instant aucune médiation nationale ou étrangère, affirme une source proche de Koulouba. Idem pour la médiation algérienne qui avait été annoncée depuis la semaine dernière par certains médias. En vérité, le ministre de l'Administration territoriale, le général Kafougouna Koné, a été dépêché, en début de semaine à Alger. Il était porteur d'un message du Président Touré à son homologue algérien, Boutéflika, pour faire le point de la situation depuis l'attaque du 23 mai dernier. Aujourd'hui, certains hauts responsables maliens ne cachent point leurs inquiétudes quant à l'attitude des Algériens depuis les événements de Kidal. En fait, la mission ministérielle dépêchée à Alger visait à avoir des assurances de ce côté-ci avant toutes actions qu'elles soient militaires ou de médiations.
Toutefois des interrogations se posent sur le contenu même des négociations si elles ont lieu.La question essentielle tourne autour de son objet. Les autorités maliennes indiquent clairement à propos du "statut particulier de Kidal", revendiqué par les insurgés qu'il est "sans objet". Le Pacte national accorde déjà un statut particulier à toutes les régions du Nord, affirme un haut responsable de l'Administration territoriale.
En outre, les autorités maliennes doutent de la capacité des insurgés à débattre de sujets qu'ils ne maîtrisent guère. En effet, en 1992, lors des négociations sur le Pacte national, les Mouvements et Fronts Unifiés de l'Azawad (MFUA) avaient, en leur sein, une solide branche politique composée de cadres dont Zahaby, Zéïdane, Agatam et autres Ichrach. Ce sont ces cadres qui étaient autour de la table depuis le début des négociations jusqu'à la signature du Pacte. Aujourd'hui, le groupe des insurgés semble abandonné par tous ces cadres de l'ex-rebellion. Le groupe campé à Teghargat est composé d'ex-soldats qui excellent plutôt dans le maniement des armes. Aussi, pour négocier, l'armée pose clairement ses conditions dont la principale est le retour dans les garnisons de toutes les armes, munitions et engins dérobés à Kidal, Ménaka et à Téssalit par les déserteurs.
C.H Sylla
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